
Logiciels et Technologies (SIG)
QGIS 3.40, GDAL 3.11, plugins IA open-source, et le chantier colossal des 85 000 pylônes RTE — analyse complète par BETPLUS‑SN.
📍 QGIS 3.40 & 3.44.9 : les dernières avancées
La communauté open-source SIG ne cesse d'innover. La sortie récente de QGIS 3.40 (Bratislava) apporte des améliorations notables, notamment sur la mise en page avec l'intégration de Cadres HTML permettant une personnalisation poussée des cartes et des étiquettes dynamiques. Les retours utilisateurs sont très positifs, saluant une flexibilité accrue pour la production de cartes thématiques.
Parallèlement, la version QGIS 3.44.9 (LTR - Long Term Release) a été publiée avec des corrections de stabilité et des performances améliorées pour les projets complexes. Cette version LTR est particulièrement recommandée pour les déploiements en entreprise et les bureaux d'études qui exigent une fiabilité maximale sur le long terme.
🔌 Focus plugin IA : Segment Anything (SAM) et ses applications métier
Le plugin Segment Anything (basé sur Meta AI) permet désormais une segmentation sémantique d'images directement dans QGIS, sans dépendre du cloud. Applications concrètes :
- Détection automatique des toitures sur orthophotos pour la mise à jour cadastrale
- Cartographie de la végétation et des zones boisées
- Extraction du réseau viaire et des infrastructures linéaires
- Suivi des chantiers par analyse diachronique d'images satellites
Cette évolution marque un tournant : l'open-source devient compétitif face aux solutions propriétaires d'IA, avec l'avantage de la souveraineté des données et de l'absence de coûts d'API.
⚙️ GDAL 3.11 : le socle du traitement spatial
La bibliothèque GDAL (Geospatial Data Abstraction Library) est le pilier incontournable de tout logiciel SIG. La version GDAL 3.11, sortie début 2026, apporte des optimisations significatives en ligne de commande (CLI) : nouvelles options de virtualisation, support étendu des formats Cloud Optimized GeoTIFF (COG), et performances accrues sur les gros volumes LiDAR. GDAL est utilisé par QGIS, ArcGIS, et la plupart des serveurs cartographiques.
☁️ GDAL 3.11 et l'essor du Cloud Native
GDAL 3.11 améliore considérablement son support des formats COPC (Cloud Optimized Point Clouds) et COG (Cloud Optimized GeoTIFF), essentiels pour l'exploitation massive de données géospatiales sans téléchargement préalable.
Ces formats permettent d'interroger directement des téraoctets de données stockées sur des buckets S3 (AWS, Azure, GCP) en ne récupérant que les informations nécessaires — un gain de temps et de bande passante considérable pour les bureaux d'études traitant des relevés LiDAR nationaux.
À noter : la nouvelle commande gdal_translate intègre un paramètre -of COG pour convertir massivement des rasters vers ce format optimisé pour le cloud.
🏗️ RTE (France) : 85 000 pylônes et la question des repères géodésiques
RTE (Réseau de Transport d'Électricité) engage un chantier colossal : le remplacement ou la rénovation de 85 000 pylônes sur l'ensemble du territoire français. Cette opération, étalée sur plusieurs années (2025-2032), mobilise des centaines d'équipes et un budget de plusieurs milliards d'euros.
Cette modernisation massive soulève une question technique souvent sous-estimée : que deviennent les repères géodésiques (bornes, points de nivellement) situés sur ou à proximité de ces ouvrages ? De nombreux pylônes servent historiquement de supports privilégiés pour les cibles de nivellement et les points d'appui GNSS utilisés par l'IGN et les géomètres-experts.
— Extrait du rapport IGN/RTE 2026
Pourquoi ces repères sont-ils si importants ?
Les repères géodésiques servent de référence absolue pour l'ensemble des relevés topographiques du territoire. Ils garantissent la cohérence altimétrique et planimétrique entre les différents projets d'aménagement : construction d'autoroutes, pose de canalisations, plans cadastraux, modélisation 3D urbaine, etc. Leur disparition ou leur déplacement intempestif peut introduire des décalages métriques, préjudiciables pour les maîtres d'ouvrage et les bureaux d'études.
Impact sur la précision topographique et les bases de données
Pour les géomaticiens et les topographes, ce chantier a trois conséquences majeures :
- Mise à jour des bases de données : chaque pylône supprimé ou déplacé doit être répertorié dans le référentiel national des infrastructures. Un travail colossal de saisie et de contrôle.
- Recalage altimétrique local : dans les zones où plusieurs repères disparaissent, des campagnes spécifiques de nivellement seront nécessaires pour rétablir la cohérence avec le réseau géodésique national.
- Anticipation sur les chantiers : les maîtres d'œuvre doivent désormais prévoir des études d'impact sur les repères avant tout intervention sur pylône — une nouvelle contrainte réglementaire en discussion avec l'IGN.
📊 Chiffres clés du chantier RTE
- 85 000 pylônes concernés (environ 30% du parc national)
- 2025-2032 durée prévisionnelle du chantier
- 3 000+ repères géodésiques potentiellement impactés selon l'IGN
- 15 millions € budget prévisionnel pour le recalage des référentiels spatiaux
Solutions et bonnes pratiques recommandées
Face à ce défi, plusieurs bonnes pratiques sont déjà mises en œuvre par les acteurs de la filière :
- Relevé systématique avant/après travaux : tout pylône concerné fait l'objet d'un relevé topographique précis avant dépose et après reconstruction, avec rattachement au réseau IGN.
- Bases de données collaboratives : RTE, l'IGN et la Fédération des Géomètres partagent un référentiel commun des repères impactés, accessible via API.
- Utilisation de GNSS haute précision : les déplacements de pylônes sont systématiquement documentés par des mesures RTK (précision centimétrique) et enregistrés dans une base nationale.
- Formation des équipes terrain : les équipes RTE sont sensibilisées à l'importance des repères géodésiques et formées à leur détection et leur signalement.
Pour les bureaux d'études comme BETPLUS-SN, l'enjeu est double : suivre les évolutions du réseau géodésique et adapter leurs référentiels (bases de données SIG, plans topographiques) en conséquence. À l'heure du jumeau numérique et de l'alignement parfait entre réel et virtuel, cette contrainte physique rappelle l'importance des fondamentaux métrologiques.
🔮 Tendances 2026 : IA locale, cloud-native et interopérabilité
Les évolutions récentes confirment plusieurs tendances lourdes qui structureront la géomatique des prochaines années :
À l'horizon 2026-2027, l'arrivée de QGIS 4.0 est attendue avec une refonte majeure de l'interface (passage à un framework d'interface plus moderne), une meilleure gestion des couches massives et une intégration native de l'IA. GDAL continue sa progression vers le cloud native, tandis que les initiatives open-source gagnent du terrain face aux solutions propriétaires, portées par les exigences de souveraineté des données des institutions publiques et des bureaux d'études.
- QGIS 3.40 : Cadres HTML intégrés
- Plugins IA open-source : SAM, Deep Learning Tools
- GDAL 3.11 : COG / COPC optimisé
- RTE : 85 000 pylônes rénovés d'ici 2032
- 3 000+ repères géodésiques potentiellement impactés
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Sources : communauté QGIS, OSGeo, GDAL, IGN, RTE (rapport 2026)
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